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Comment été nourris les chiens dans le siècle de Louis XIV ?
Naturellement sans croquettes.

VÉNERIE DU ROI.

Quand le roi veut chasser dans les forêts de Fontainebleau, de Compiègne, de Senart, Saint-Léger, etc. il donne ses ordres au grand-veneur qui les donne au commandant. Celui-ci fait assembler les officiers du service à qui il donne lordre quil a reçu pour le jour du départ de léquipage, et lendroit où il doit aller : il règle lheure et lendroit où lon doit aller coucher ; sil y a plusieurs jours de marche, on choisit un valet de limier des plus intelligents pour aller devant, la veille du départ de léquipage où il doit aller coucher, pour marquer grange ou écurie pour loger les chiens commodément, que lendroit ferme bien et que les fenêtres ne soient point trop basses afin que les chiens ny puissent sauter ; la faire bien nettoyer, la rendre propre, y faire une belle paille blanche et de bonne eau fraîche ; prendre du monde pour cette opération, et chercher pareillement des endroits plus petits pour y mettre les limiers, les lices en chaleur et les boiteux ; y faire pareillement mettre de belle paille et de leau fraîche ; quil y ait une cour qui ferme bien, de crainte quil ne sorte quelques chiens. On fait porter ordinairement le pain pour le souper des chiens, on le fait casser dans des vanesses et on le leur porte dans lendroit, on leur en donne autant quils en veulent manger ; il ny aurait pas grand mal quand on leur casserait le matin quelques pains sur la paille, un peu avant de les coupler, ils en feront mieux la route. Pour ne pas retarder la marche de léquipage, il faut faire mener doucement les vieux chiens. Les limiers sont conduits par un valet de limier, un valet de chien à cheval, et un valet de chien à pied, quand il y en a beaucoup ; sil y en a peu, un valet de chien à cheval et un à pied suffisent ; en passant des forêts, si lon fait bien, on les prend à la harde, de peur quils néchappent ; parce quils sont moins dociles que les chiens de la meute ; on prévient encore par-là bien dautres accidents. Les lices sont menées par un valet de chien à pied, la veille du départ ; le boulanger part deux jours avant léquipage, pour préparer le pain, la mouée et tout ce qui concerne son état, afin que rien ne manque à larrivée de la meute. Le roi donne les voitures pour porter dans le voyage les ustensiles du fournil, du chenil, et les bagages des officiers et autres de service.

Tous les officiers de la Vénerie doivent accompagner la meule en habit dordonnance. Il doit y avoir un valet de limier devant léquipage avec un fusil chargé pour tirer sur les chiens qui se trouveraient seuls sans maître, et qui auraient mauvaise mine, ou avertir ceux à qui ils appartiendraient, de les prendre, les attacher et séloigner du chemin ; de même avertir les voitures de sarrêter avant darriver à la meute ; quand la route est longue et quil ny a point de bois à passer, on doit laisser les vieux chiens et les plus sages en liberté, et les autres doivent être couplés en arrivant à lentrée de quelque forêt. Il faut tout coupler et que les chiens soient bien environnés de cavaliers, le fouet haut, de crainte quils néventent ou naient connaissance de voies qui ne feraient que passer ou des animaux ; on ne fait faire à léquipage que 8 à 10 lieues par jours, quelque fois 12, quand on va de Versailles à Compiègne ; on a été coucher à la Chapelle, partir à minuit, rafraîchir à Garche, donner du pain et de leau aux chiens ; envoyer les vieux chiens quatre heures devant la meute, le lendemain faire six lieues, et tous arriver en bon état ; cela sest pratiqué dans les chaleurs du mois de juin, en 1764. À la moitié de la route, on fait rafraîchir les valets de chiens, et donner du pain aux chiens. Ceux de léquipage qui veulent boire un coup le font ; tout cela est sur le compte du roi.

Nos rois ont accordé de tout temps de grands privilèges aux officiers de leur Vénerie.

Il y a une ordonnance de Philippe-Auguste, rendue en 1218, qui donne aux officiers de la Vénerie, différentes exemptions et privilèges, et en 1344, Philippe-le­Bel les exempta de toutes contributions de tailles, subsides, demprunts, de guêts, de gardes, de péages passages et logements de guerre.

Ces exemptions et privilèges furent confirmés depuis successivement, en 1547, par Henri II ; en 1594, par Henri-le-Grand ; en 1639, par Louis XIII, qui déclare en outre tous les officiers de la Vénerie et fauconnerie, commensaux de sa maison, et en cette qualité, exempts de taille et de tout autre subside.

Enfin, par la déclaration rendue à Poitiers, par Louis XIV, en lannée 1652, en faveur des officiers de la Vénerie, il est dit expressément :

« Nous confirmons, par ces présentes, tous les privilèges, franchise, liberté et immunité, exemptions et affranchissements accordés aux officiers de nos Maisons royales, employés aux États de la Cour des aides  et à leurs veuves, durant leur viduité, voulant quelles soient quittes de toutes contributions. »

Le trésorier-général et le gentilhomme ordinaire de la Vénerie, sont maintenus dans la qualité décuyer, par arrêt du Conseil du 26 novembre 1697.
daprès le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842)   Paris, 1816

Mais entretemps cela a heureusement de beaucoup évolué current/big_smile

http://www.b-a-r-f.com/Les-articles-de-accueil/le-chien-est-il-un-carnivore-ou-un-omnivore.html

Amicalement current/big_smile

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